La semaine dernière, Youssoupha annonçait un nouvel album à minuit, ou plutôt il laissait entendre qu’il « allait faire découvrir son nouvel album ». Alors que la plupart (nous y compris) annonçaient déjà un nouvel album du Prim’s Parolier pour le jeudi soir à minuit, Bakary Potter a pris tout le monde de court une fois encore avec une vidéo dans laquelle « il a fait découvrir son nouvel album ». Il s’appellera Neptune Terminus.

Alors est-ce que Youssoupha a le regard tourné vers l’espace ? Pas tant que ça, oui musicalement, le rappeur a accompagné le rap français dans une nouvelle ère. Il ose comme lorsqu’il remixe Edith Piaf dans « La Foule Pt.2 », ou lorsqu’il sample du dubstep dans « La vie est belle », comme Kery James il prend un malin plaisir aussi à user des instruments traditionnels africains dans ces morceaux. Mais qu’on le veuille ou non, Youssoupha est le plus exemple de métissage des cultures, et « Neptune Terminus » semble être l’aboutissement de cette démarche.

LIRE AUSSI: [International] « rentre dans le cercle » spécial rap ivoire 

Car de tout temps, le rappeur a clamé son héritage congolais. Depuis ses débuts « sur les chemins du retour », il n’hésite à pas à se proclamer rappeur de Kinshasa. Ne dira t-il pas à Kery James dans « Contre Nous », leur clash artistique : « T’es peut-être de Orly, mais moi Kinshasa c’est ma terre » et « T’as peut-être la Mafia K’1 Fry, mais moi j’ai toute l’Afrique entière ». Et si l’aventure de Youss commence vraiment sur le titre « L’effet papillon » tourné sur sa terre africaine, il débute « Neptune Terminus » de la même manière avec un clip tourné à Dakar par Black Anouar avec son titre « Astronaute ». « Polaroïd Expérience » était sans doute prophétique à ce sujet : « J’ai arrêté Paname, Africaine ma nouvelle ville ».

Son deuxième titre « Solaar Pleure » homonyme d’un titre complètement déluré de l’ancêtre du rap français est un hommage au rap français dans le fond comme dans la forme. Lui qui avait déclaré dans son dernier album que « Le Rap était devenu la nouvelle chanson Française » n’hésite pas à se mettre en scène avec son fils pour reproduire les plus belles covers du Rap français d’après une idée originale qu’il a eu avec Fifou. Tout y passe depuis « Le Combat Continue » de Ideal J, en passant par « Commando » de Niska, Dans la légende de PNL, Le chant des sirènes d’Orelsan, Quelques gouttes suffisent d’Ärsenik ou encore « Une main lave l’autre » de Alpha Wann, et enfin « N*.* Désir », l’album qui devait s’appeler « Négritude ». C’est un hommage visuel fabuleux au rap français qu’il aime.

LIRE AUSSI: [International] Aya Nakamura certifiée disque d’argent au royaume Uni 

Le titre en lui même est loin d’être un plaidoyer. Youssoupha parle de son parcours, ses revanches, ses réussites, ses échecs. Lui qui a souvent le regard tourné vers l’extérieur à part quelques exceptions comme sur « Mourir Mille fois » par exemple évoque ses sentiments en toute subjectivité comme lorsqu’on lui a dit qu’il était « Solaar en moins fort », pourtant Youssoupha pleure comme Solaar aujourd’hui.

Il finit sur la date de sortie de son prochain album le 19 Mars 2021.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici