Le 26 janvier 2026, le cinéma africain a perdu l’une de ses voix les plus singulières. À seulement 36 ans, Halima Gadji s’est éteinte, laissant derrière elle un vide immense et une trace durable dans l’histoire des écrans africains.
UNE ENFANCE ENTRE LES CULTURES, PORTÉE PAR UNE VOLONTÉ INÉBRANLABLE !
Née à Dakar d’un père sénégalais et d’une mère maroco-algérienne, Halima Gadji grandit dans un univers façonné par la pluralité culturelle. Très tôt, elle comprend que sa différence peut devenir une force. Elle quitte l’école prématurément, sans plan de repli, animée par une certitude absolue : devenir actrice.
Le bégaiement complique son parcours. Les regards jugent, les portes se ferment. Elle apprend alors autrement, loin des cadres classiques, puisant sa formation dans la rue, l’effort, la patience et une persévérance sans relâche.
DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE, SANS JAMAIS TRICHER !
Les auditions se soldent par des échecs répétés. Les refus s’accumulent. Pourtant, elle avance. Modélisme, publicités, apparitions discrètes, jusqu’au jour où Abdoulahad Wone lui accorde sa confiance dans Tundu Wundu. Un choix guidé non par la compassion, mais par la conviction.
Sur les plateaux, Halima ne compose pas. Elle apprend, affine son jeu, s’abandonne à son art. La reconnaissance arrive plus tard, brutale, avec Maîtresse d’un homme marié. Le personnage de Marème Dial dérange, provoque, questionne. Halima devient alors un symbole, souvent incompris, parfois violemment jugé.
LE POIDS D’UN RÔLE, LA FORCE D’UNE FEMME !
La frontière entre fiction et réalité s’estompe. Les critiques glissent vers l’attaque personnelle. La violence est bien réelle. Halima encaisse, analyse, tient debout. Elle ne s’excusera jamais d’avoir incarné son rôle avec justesse.
Elle choisit aussi de donner une voix à l’invisible : la dépression, la pression sociale, le regard des autres. Dans Don’t Call Me Fire, elle brise des silences persistants autour de la santé mentale, du corps et de l’identité. De nombreuses femmes s’y reconnaissent. Enfin, quelqu’un ose dire ce que tant taisent.
LE DERNIER MESSAGE D’HALIMA GADJI
Quelques jours avant sa disparition, Halima Gadji partage un message poignant sur sa page Facebook :
« Parce que les morts ne lisent pas les posts Facebook. Si demain je pars, je te prie simplement de faire deux rakats pour moi et de me pardonner si j’ai pu t’offenser. Ce sera énorme, insh’Allah. »
Derrière ces mots se dessine une profonde fatigue émotionnelle. Halima faisait face à une dépression marquée par de longs silences et des attaques médiatiques incessantes, nourries par la pression sociale et les jugements constants. Une souffrance intérieure qui interroge sur la violence du regard public.






