L’aventure s’arrête là pour Pape Thiaw. Quelques jours après l’élimination du Sénégal au Mondial, la Fédération sénégalaise de football a officialisé la fin de sa collaboration avec le sélectionneur, estimant son bilan insuffisant.
Une décision qui, au-delà du résultat sportif, relance un débat récurrent sur le continent : en Afrique, le premier responsable d’un échec reste souvent l’entraîneur.
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UN DEPART QUI SEMBLAIT INEVITABLE
Dans la presse ouest-africaine, cette décision n’a surpris personne.
Au Burkina Faso, Le Pays décrit le football comme un « domaine de passions et d’ingratitude », où les sélectionneurs servent souvent de fusibles dès que les résultats ne suivent plus.
En Guinée, Le Djely pointe un problème plus profond : le renouvellement tardif du contrat de Pape Thiaw aurait sérieusement perturbé la préparation des Lions.
Le média pose une question qui résume le malaise :
« Comment exiger des résultats d’un homme dont on tarde à signer le contrat ? »
Difficile, en effet, de construire un projet sportif lorsque l’incertitude plane jusque sur l’avenir du sélectionneur.
AU SENEGAL, PLUSIEURS VOIX PRENNENT SA DEFENSE
Si la Fédération a tranché, le débat reste ouvert au Sénégal.
Relayé par Senego, l’ancien international Diomansy Kamara estime que Pape Thiaw a été victime d’un « bashing impressionnant ». Selon lui, il serait injuste de faire porter l’ensemble des responsabilités à un seul homme.
Entre les blessures de joueurs majeurs, une préparation écourtée et une pression permanente autour de la sélection, plusieurs observateurs estiment que les difficultés des Lions dépassent largement le travail du sélectionneur.
L’APRES-THIAW EST DEJA LANCE
Le départ de Pape Thiaw ouvre immédiatement la course à sa succession.
Selon Dsports, trois profils se dégagent :
- Hervé Renard, double vainqueur de la CAN, dont l’expérience du football africain constitue un atout majeur.
- Habib Beye, ancien international sénégalais, dont la candidature séduit par sa connaissance du football local et son leadership.
- Patrick Vieira, ancien champion du monde français, dont le nom revient avec insistance.
À propos de ce dernier, Seneweb s’interroge : est-il réellement « l’homme de la situation » ?
Son prestige et son aura auprès d’un vestiaire de haut niveau jouent incontestablement en sa faveur. En revanche, son parcours d’entraîneur apparaît plus contrasté, avec des expériences aux fortunes diverses.
CHANGER DE SELECTIONNEUR NE SUFFIRA PAS
Le Sénégal cherche aujourd’hui un électrochoc. Mais remplacer le sélectionneur ne résout pas, à lui seul, les difficultés structurelles qui ont accompagné cette campagne : préparation tardive, gestion de l’effectif, blessures des cadres ou encore manque de continuité dans le projet sportif.
Le prochain sélectionneur héritera d’une équipe toujours ambitieuse, mais aussi d’une pression immense. Les attentes restent élevées, le temps sera compté et l’obligation de résultat immédiate.
Le véritable défi des Lions ne sera donc pas seulement de trouver un nouveau sélectionneur, mais de bâtir un environnement capable de lui offrir les conditions nécessaires pour réussir.






