Il ne suffit pas d’écouter Joÿa. Il faut s’en approcher, baisser la lumière, laisser la voix de Tayc glisser sur la peau et les souvenirs. Sorti le 15 mai, l’album n’est pas une suite logique à Fleur froide. C’est une confession mise en musique, un aller-retour entre le Cameroun et Paris, entre ce qui fait mal et ce qui guérit.
Après l’énorme parenthèse Héritage avec Dadju (260 000 spectateurs) et disque de platine, Tayc aurait pu rester en terrain sûr. Il choisit l’inverse. Joÿa signifie “joie” en bamileke, mais c’est une joie conquise, presque volée aux cicatrices. « Il faut faire de ses cicatrices un trésor », confie-t-il. L’album en est la preuve sonore.
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UNE MATIÈRE PLUS CHARNELLE, DES FRONTIÈRES QUI TOMBENT
Musicalement, Tayc élargit le cadre. L’afrolove reste le socle, mais il laisse entrer le R&B velouté, le gospel, la soul, et même des touches de blues et de cinéma. Chaque morceau respire plus largement, plus lentement, comme s’il prenait le temps de caresser chaque mot.
Girlfriend ouvre le jeu sur un sample de You Rock My World. Depuis l’enfance, Tayc écoute Michael Jackson « matin, midi, soir », et ça s’entend : la sensualité est là, sans vulgarité. Candy Boy et Need jouent sur la tension, entre promesse et retenue. Avec Va loin, il retrouve Aya Nakamura sur un duo enregistré il y a cinq ans et retravaillé jusqu’à ce qu’il sonne juste. La voix de Lara Fabian sur Je te pardonne ajoute une gravité nouvelle, née dans les coulisses de The Voice. Et Tessa B et Mounir, deux voix de son équipe, viennent poser leur grain sur l’ensemble.
LE CHANT DES JOYEUX, EN VRAI
Joÿa n’est pas un album qu’on consomme distraitement. C’est un disque qu’on écoute la nuit, casque vissé, quand les défenses tombent. Tayc y parle d’héritage, de blessures, mais surtout de la décision de choisir la joie malgré tout. L’afrolove devient plus dense, plus texturé, sans perdre ce qui fait sa signature : cette manière de chanter l’amour comme s’il était à la fois fragile et inévitable.
Il le défendra sur scène les 15 et 16 mai à La Seine Musicale pour Joÿa, Le chant des joyeux. Deux soirs pour transformer l’intime en collectif et prouver que même les cicatrices peuvent faire danser.






